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Not so much to be loved as to love

Armé de mon courage, ainsi que de toute ma pharmacie, j'ai osé hier aventurer mon larynx tout commotionné jusqu'au Café de la danse pour aller voir Jonathan Richman, Jojo qui a donc l'air de venir là à peu près tous les ans maintenant. Je traîne bien pour ne pas trop faire la queue, mais pas trop pour arriver à me trouver une bonne place, devant. Malheureusement, on a droit d'abord à une première partie particulièrement éprouvante, qui sonne comme une accumulation de mauvaises idées pas du tout musicale, ni même spectaculaire et ce, dans n'importe quel sens que vous le preniez. J'ai cru que j'allais tomber dans les pommes à un moment. Inaudible et repoussant. [C'était une dame avec un accordéon.]

On poireaute encore un peu et la salle se remplit peu à peu de fumée, ce qui me raclera la gorge tout le long de la soirée (au passage, merci aux pétasses qui fument en prenant des poses avec des gestes lascifs pendant les concerts). Vers vingt et une heures, Jojo arrive enfin avec sa guitare espagnole et son inséparable batteur Droopiesque, ce dernier étant cette fois armé d'un kit en entier, et pas debout avec sa caisse claire comme à l'accoutumée. Ca n'a l'air de rien, mais étant juste devant la batterie - qui est collée au bord de la scène, je peux dire que ça fera pas du tout pareil. Physiquement, Jojo commence à avoir l'air un peu tapé, les années ayant finalement rattrapé son homme, de plus il porte un bouc et des espadrilles. Je rappelle que c'est tout à fait normal aussi, le premier album des Modern Lovers, son groupe du début, avait été enregistré pendant le printemps 72... Alors, comme je disais dans plusieurs posts auparavant, il fait toujours plus ou moins la même chose sur scène, et là cette fois-ci on a un peu plus de cirque que d'habitude et un peu moins de chansons. Il va poser souvent sa guitare par terre pour aller danser au milieu de la scène, pendant que son acolyte s'amuse à cogner - un peu trop fort - sur ses toms. On a droit à son habituelle imitation de Lou Reed aussi et à Charles Aznavour et à Charles Trénet, chantés le coeur sur la main. Le problème, c'est qu'en même temps qu'il s'éloigne du micro pour chanter (donc pas amplifié), y'a mes deux voisins de gauche qui reprennent les paroles en même temps, et j'ai aucune envie d'entendre deux pelés de cinquante balais me fredonner mollement dans l'oreille et plus fort que Jojo "aïe was dancing in the lesbian bar-oh-oh-oh". Je reçois un texto d'Enid pendant Pablo Picasso, Enid qui portait ce jour-là un affolant haut jaune un peu manga, et qui avait replié ses cheveux en...mais je m'égare. -_-

A part tout ça qui sonne un peu négatif malgré moi, il faut dire que j'aime beaucoup le bonhomme, car il fait partie de ceux qui d'une part écrivent vraiment des chansons pour faire plaisir aux gens, et d'autre part les interprètent de façon totalement décomplexantes, comprendre : il chante jamais très juste, joue un peu de la guitare comme ça vient, et du coup on a nous aussi envie de l'ouvrir et de prendre une guitare pour aller raconter des trucs aux gens, 'juste le plaisir de partager. Pas comme quand tu regardes béatement Steve Vai branler le manche de sa gratte à sept cordes. Après environ une heure et demie, les deux larrons quittent la scène pour ne plus revenir, on se revoit l'année prochaine ils semblent dire. En attendant, j'ai cru comprendre qu'il y a un cd qui sort prochainement, en été ou quelque chose comme ça. Et qu'il soit bon ou non, que vous l'achetiez ou pas, ne changera strictement rien à la carrière de ce clochard magnifique.

Ecrit vite fait par pierroleouf, le Samedi 17 Avril 2004, 20:25 dans la rubrique Jukebox.